- Traitement des tumeurs malignes potentiellement résécables de la tête du pancréas, de la papille et du cholédoque distal.
Indications rares : carcinomes duodénaux, tumeurs bénignes ou kystiques, pancréatite chronique ou cas dits « dilemmes » (lorsque l'imagerie et la clinique ne permettent pas de différencier de manière fiable une tumeur inflammatoire d'une tumeur maligne de la tête du pancréas).
En principe, en cas de tumeurs malignes ou de suspicion suffisante de malignité, l'indication d'une résection de la tête du pancréas existe chaque fois qu'il y a, en pré- et peropératoire, au moins la perspective de réséquer la tumeur in toto et que le patient présente simultanément un état général suffisant pour cette intervention.
- L'indication de résection doit être posée rapidement par le chirurgien, en particulier lorsqu'il s'agit d'un résultat potentiellement résécable chez des patients ictériques. Ce n'est que chez les patients présentant des complications secondaires manifestes de l'ictère (coagulation plasmatique décompensée, trouble de la synthèse hépatique, défenses cellulaires réduites, cholangite purulente) qu'un drainage biliaire endoscopique préopératoire doit être envisagé afin de gagner du temps et de créer une meilleure situation de départ pour l'opération. Dans tous les autres cas, un drainage biliaire mis en place en préopératoire, qu'il soit TPCD (transpapillaire) ou PTCD (percutané-transhépatique), doit être évité en raison de la morbidité postopératoire accrue.
En cas d'infiltration de grosses veines (veine mésentérique supérieure, veine splénique ou veine porte), la résection doit être visée, si nécessaire avec reconstruction vasculaire, car le diagnostic préopératoire ne permet généralement pas de différencier une adhérence inflammatoire d'une infiltration tumorale.
Lors de la pose de l'indication, la comorbidité est un autre facteur essentiel. Les patients présentant de graves affections cardiovasculaires concomitantes présentent un risque opératoire nettement accru ; cependant, un âge avancé en soi ne constitue plus aujourd'hui une contre-indication à la résection de la tête du pancréas.