Il existe un consensus dans les recommandations selon lequel la plupart des tumeurs surrénaliennes devraient être opérées par voie mini-invasive lorsque l'indication est posée. Un diamètre tumoral >6 cm et des signes nets de malignité à l'imagerie préopératoire sont considérés comme les limites de la chirurgie mini-invasive.
Pour l'adrénalectomie ouverte, l'abord transabdominal ou thoraco-abdominal est privilégié, car la principale indication du procédé ouvert concerne les grosses tumeurs suspectes de malignité.
Pour les tumeurs surrénaliennes suspectes à partir de 6-8 cm de taille et avec des unités Hounsfield (UH) (valeurs de densité de la masse surrénalienne) >20, un abord ouvert (+lymphadénectomie) est à privilégier en l'absence de preuve préopératoire de malignité.
Une résection R0 en bloc avec le tissu adipeux rétropéritonéal environnant doit être visée, l'ouverture de la capsule tumorale doit être évitée et au moins les ganglions lymphatiques suspects à l'imagerie doivent être retirés simultanément.
Une indication à l'adrénalectomie ouverte peut exister dans les situations suivantes :
- Tumeurs endocriniennement actives de la corticosurrénale (adénomes de Conn ou de Cushing, tumeurs à sécrétion androgénique) en particulier de diamètre > 10 cm
- Syndrome de Conn (hyperaldostéronisme primaire, HAP) :
La cause la plus fréquente d'une hypertension secondaire est l'hyperaldostéronisme primaire.
En présence d'un adénome unilatéral producteur d'aldostérone, l'adrénalectomie unilatérale est indiquée.
Chez les patients atteints d'hyperaldostéronisme primaire (HAP) et de modifications surrénaliennes bilatérales, une adrénalectomie unilatérale peut être envisagée, à condition que le cathétérisme veineux surrénalien (AVS ; prélèvement sanguin sélectif dans les veines surrénaliennes) démontre une latéralisation fonctionnelle claire. La signification de la TEP-CXCR4 comme alternative non invasive à l'AVS doit être validée par d'autres études.
- Syndrome de Cushing (hypercortisolisme)
Un syndrome de Cushing surrénalien florissant avec des stigmates cliniques classiques constitue une indication chirurgicale.
Avant une éventuelle exérèse chirurgicale de la tumeur surrénalienne, l'indépendance vis-à-vis de l'ACTH de l'excès de cortisol doit être confirmée, afin que l'intervention ne soit pas réalisée à tort, alors que la cause de l'excès hormonal est par exemple hypophysaire due à un adénome de l'antéhypophyse (syndrome de Cushing central) ou à un syndrome paranéoplasique avec sécrétion ectopique d'ACTH dans le cadre d'une maladie tumorale.
- Tumeurs corticosurrénaliennes productrices d'hormones sexuelles
Un carcinome corticosurrénalien est la cause la plus fréquente d'une sécrétion pathologique cliniquement pertinente d'androgènes/œstrogènes par la surrénale, les adénomes sont très rares.
- Syndrome de Conn (hyperaldostéronisme primaire, HAP) :
- Carcinome corticosurrénalien Carcinome corticosurrénalien (ACC) stade ENSAT I-III Lien vers la classification ENSAT
- Au moment du diagnostic initial, presque toujours > 4 cm et présente une activité endocrine dans 50-80 % des cas. Une production de cortisol ou une production hormonale mixte (androgènes/œstrogènes et cortisol) est typique.
- Dans le carcinome corticosurrénalien, l'adrénalectomie ouverte est le gold standard. Pour les tumeurs < 6 cm sans signe d'infiltration locale ou ganglionnaire (stade ENSAT I+II), une adrénalectomie mini-invasive peut être réalisée.
- Une résection tumorale radicale avec ablation de la surrénale et de l'ensemble du tissu adipeux/conjonctif dans le compartiment concerné, sans ouverture de la capsule, ainsi qu'une lymphadénectomie, celle-ci dans un contexte de données incertaines, sont recommandées. Il n'existe à ce jour aucune définition concernant l'étendue de la lymphadénectomie nécessaire.
- Remarque : Selon les données actuelles, le taux de récidives locales et péritonéales est augmenté dans le groupe laparoscopique. Une conversion d'une adrénalectomie laparoscopique en adrénalectomie ouverte détériore la survie globale.
- Phéochromocytome (PC) Tumeur de la médullosurrénale avec excès de catécholamines en cas de suspicion de malignité, de tumeurs très volumineuses ou lorsque des difficultés techniques sont à prévoir.
- Environ 1/3 de tous les patients atteints de phéochromocytome sont associés à un syndrome tumoral héréditaire. Le dépistage génétique est un élément indispensable du diagnostic du phéochromocytome. Les tumeurs associées à SDHB présentent un risque particulièrement élevé de malignité et de récidive.
- Au total, 10 % des PC sont malins. Seules les métastases prouvent un phéochromocytome malin.
- Les myélolipomes ne constituent pas en soi une indication opératoire.
Les volumineux myélolipomes surrénaliens (tumeurs bénignes hormonalement inactives contenant du tissu adipeux mature et du tissu hématopoïétique) peuvent devenir symptomatiques par nécrose ou hémorragie spontanée. Dans ces cas, une résection peut être nécessaire.
- Les métastases surrénaliennes (de tumeurs malignes d'autres origines) doivent être retirées s'il n'existe pas d'autres métastases et si l'ablation permet d'obtenir l'absence de tumeur.
Remarque : L'adrénalectomie pour métastase doit être réalisée par voie mini-invasive, à condition que la métastase puisse être retirée in toto et sans dissémination de cellules tumorales. Une approche ouverte est réservée aux rares cas où il existe des signes d'infiltration locale ou lorsque la métastase dépasse 6 cm.
- Volumineux schwannomes ou neuroblastomes de l'adulte